Behind the scene par Julien De Wilde

Behind the scene : un film réalisé par Julien De Wilde.

Profitant des avantages qu’offrent les appareils photos numériques de dernière génération, Julien a réalisé ce film pendant et entre les séances de photos de mode. Il montre une petite partie de l’envers du décor de ce monde fascinant.

 

Photographe chez Reporters depuis un an, nous l’avons rencontré pour évoquer diverses facettes de son métier.

 

  • Reporters : Dans notre magazine (voir Julien De Wilde, “photographer in the spotlight”), tu proposes de magnifiques photos qui sont l’aboutissement d’un parcours de quinze années. Comment as-tu débuté ?
  • Julien : J’ai commencé par être assistant de différents photographes de mode durant deux années. Pendant ce temps, je réalisais en parallèle beaucoup de tests pour les agences de mannequins, ce qui me permettait d’essayer toutes les sortes de lumières et de me constituer un portfolio. Quand je me suis senti prêt, j’ai été voir les magazines féminins belges pour commencer à travailler comme photographe et non plus comme assistant. Mes premiers boulots ont été le Flair francophone, puis le Flair flamand, le Gael, le Feeling, etc.
  • Reporters : Tu as été assistant chez Reporters il y a quinze 15 ans, quels souvenirs en gardes-tu ?
  • Julien : J’ai un souvenir précis de mon premier jour ! Une bombe d’air comprimé en fin de vie placée dans l’eau bouillante pour tenter de lui rendre un souffle de vie a explosé dans le studio et la bille contenue dans la bouteille s’est dirigée droit vers ma jambe! Plus généralement, avoir été assistant chez Reporters directement après mes études m’a permis de rencontrer des photographes professionnels de différents secteurs, à savoir le studio, le reportage, le portrait et la mode. La générosité des photographes qui partagent leurs expériences et leurs connaissances est une véritable source d’inspiration pour un jeune photographe.
  • Reporters : Et qu’as-tu fait juste après ce stage ?
  • Julien : Après ce stage, j’ai contacté les photographes de mode belges qui travaillaient en  éditorial et en catalogue pour acquérir davantage d’expérience comme assistant. J’en ai suivi quelques-uns pendant deux années durant lesquelles j’ai eu la chance de beaucoup voyager et d’apprendre à utiliser la lumière naturelle. Tous les photographes ont une vision différente et une méthode de travail personnelle. En assistant différents profils de photographes, on exerce son oeil pour tendre vers une vision plus personnelle des sujets à photographier.
  • Reporters : Tu as travaillé quelques années en Thaïlande comme photographe. Raconte-moi les circonstances de ton départ et ton installation là-bas.
  • Julien : Suite à quelques années d’activité en Belgique, j’ai décidé de prendre du recul et de partir voyager sac au dos en Asie.  Un billet d’avion ouvert  pour l’Inde, sans aucun planning, a fait l’affaire… Après l’Inde, je suis parti pour Chiang Mai d’abord et Bangkok ensuite. J’ai immédiatement adoré cette ville : ce contraste entre tradition et modernité, activité incessante et respect des valeurs humaines. Je suis rentré à Bruxelles pour récupérer tout mon matériel photo et suis retourné immédiatement à Bangkok où j’ai finalement vécu presque trois ans. Je travaillais en tant que photographe pour des magazines féminins comme Elle, Marie Claire, Cleo, etc. La difficulté première a été la langue car la plupart des Thaïlandais ne parlent pas anglais. Quelques cours accélérés ont permis d’y remédier. A mon avis, l’expérience la plus importante est l’apprentissage de la patience, du calme et du respect, qui sont des qualités indispensables pour travailler en Thaïlande ! Il y a là-bas d’excellents maquilleurs, coiffeurs et des assistants impressionnants d’efficacité. L’humilité et le professionnalisme des créatifs sont vraiment enrichissants.
  • Reporters : Et à ton retour de Thaïlande, comment cela s’est-il passé ? Les clients ne t’avaient-ils pas trop oublié ? Comment as-tu repris pied ici ?
  • Julien : Bruxelles est tellement petite qu’on en a vite fait le tour, le temps de reprendre contact avec les différentes rédactions, de revoir les art buyers et les principales agences de pub. Quand j’étais en Thaïlande, j’en profitais pour faire des thèmes mode plein été pour des magazines belges et j’ai donc gardé certains contacts. La plupart des clients ont l’habitude de travailler avec différents photographes. C’est cyclique. On voit donc souvent des clients partir et revenir.
  • Reporters : Tu es chez Reporters depuis un an, comment vois-tu l’évolution du métier de photographe que tu exerces actuellement ?
  • Julien : Il me semble que la photographie “fine art” sous forme d’impressions papier ou autres restera toujours, mais que la photographie commerciale se mélange tellement à d’autres médias comme la vidéo et la 3D qu’on doit évoluer sans arrêt pour ne pas se retrouver dépassé un jour. La presse papier tend à disparaître au profit d’Internet et des tablettes. J’ai l’impression qu’une vidéo exprime davantage qu’une photo. En photographie, on se concentre sur la lumière et l’émotion, mais la vidéo nous apporte des nouveaux espaces de jeux, comme les mouvements de caméras par exemple ou le son qui est un monde à part entière. Je veux découvrir ces nouveaux horizons avec Reporters.

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